Ceux et celles d’entre vous qui ont lu le cahier des thèmes dont nous discuterons dans les travaux en ateliers savent que nous parlerons principalement de la Politique d’éducation des adultes et de formation continue ainsi que du Plan d’action qui couvrait la période de 2002 à 2007. Ce plan d’action vient à échéance à la fin du mois d’avril et il doit être renouvelé en tenant compte de ce qui a progressé dans le système d’éducation des adultes, mais surtout, de l’immense travail qu’il reste à accomplir.
En effet, la Politique et le Plan d’action sont loin d’avoir solutionné tous les problèmes de l’éducation des adultes. Ils ont cependant le mérite d’exister, et il vaut mieux disposer d’outils imparfaits que de n’avoir aucun outil. Je vous rappelle d’ailleurs que le MQAF est né à la faveur de la Semaine québécoise des adultes en formation, qui était elle-même une mesure prévue dans le Plan d’action pour promouvoir l’éducation des adultes.
Il était donc incontournable que ces questions soient au coeur de notre colloque. Notre évaluation de la Politique et du Plan d’action partira du programme politique que le MQAF a adopté au cours des dernières années, un programme politique qui est essentiellement basé sur les nombreux problèmes qu’ont signalés les étudiants et les étudiantes adultes au cours de nos précédents colloques. La principale question à laquelle nous chercherons à répondre sera évidemment celle-ci : dans quelle mesure la Politique d’éducation des adultes et le Plan d’action répondent-ils à notre programme politique et aux besoins de nos membres?
Pour enrichir nos discussions, nous utiliserons un avis que le Conseil supérieur de l’éducation a publié en avril 2005, sous le titre En éducation des adultes, agir sur l’expression de la demande de formation : une question d’équité. Nous avons retenu ce document pour deux raisons : le Conseil supérieur de l’éducation est un organisme qui, légalement, a la responsabilité de conseiller le ministre de l’Éducation. Or, les recommandations de son avis sont souvent très proches de notre programme politique, ce qui contribue certainement à la crédibilité de nos revendications.
Par ailleurs, dans les semaines suivant notre colloque, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ainsi que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qui sont les deux principaux responsables de la Politique d’éducation des adultes, entreprendront des consultations sur d’éventuels améliorations de la Politique et sur la confection d’un nouveau Plan d’action. Nos discussions en ateliers nous permettront de mettre à jour notre programme politique si bien que, dans les semaines suivantes, le MQAF produira un mémoire où il proposera des ajouts à la Politique d’éducation des adultes ainsi que des mesures à inclure dans le nouveau Plan d’action.
Voilà pour le proche avenir. Un mot maintenant du passé récent. Le colloque tenu l’an dernier a convenu que le Mouvement devait faire porter son action sur les trois priorités suivantes :
Dans trois rencontres différentes, nous avons eu l’occasion de discuter de ces revendications avec le ministre de l’Éducation, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et, tout récemment, avec une équipe de hauts fonctionnaires du ministère de l’Éducation.
Je ne crois pas me tromper en disant que nos trois revendications ont été bien reçues et pas seulement parce que ces personnes en autorité cherchaient à faire preuve de diplomatie. Ce n’est d’ailleurs pas si étonnant. Dans le cas de la reconnaissance officielle du droit à l’éducation des adultes, par exemple, le Conseil supérieur de l’éducation dit à peu près la même chose que nous. La ministre Michelle Courchesne a pour sa part trouvé très intéressante l’idée de la ligne téléphonique 800, qu’elle semblait même prête à financer. Un peu plus tard, son Ministère nous a toutefois informés qu’il ne disposait pas du budget pour réaliser le projet. Nous savons par ailleurs que les hauts fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont reçu du ministre le mandat d’étudier toutes les implications des amendements que nous demandons à la loi sur les associations étudiantes, ce qui est en soit un signe de l’intérêt des autorités gouvernementales. En haut lieu, on comprend fort bien que tous les groupes qui interviennent en éducation des adultes sont bien organisés, à l’exception des étudiants eux-mêmes, dont il y aurait intérêt à recevoir du feedback puisqu’ils sont les premiers concernés par l’éducation. C’est précisément à cela que servent les associations étudiantes.
Cela dit, nos dossiers évolueraient sans doute plus rapidement si nous disposions de l’organisation ainsi que des ressources humaines et financières pour orchestrer une véritable mobilisation des étudiants et des étudiantes adultes. Nous avons certes un site Internet, dont la nouvelle version sera mise en ligne dans quelques jours, ainsi que d’un numéro annuel du Journal du MQAF, mais c’est loin d’être suffisant pour créer une vague de fond.
Il y a cependant un moyen peu coûteux et tout à fait réalisable qui peut contribuer à faire avancer notre cause et c’est la pétition, à la fois électronique et manuscrite, que nous avons lancée il y a plus d’un an. Dans la documentation que nous vous avons remise, il y a 15 copies du formulaire de pétition que nous vous invitons à faire remplir par autant de personnes qui y inscriront un message personnel. Nous avons joint une enveloppe pré-affranchie que nous vous prions de nous retourner avec les 15 formulaires. Rien ne vous empêche de photocopier ce formulaire et de le faire remplir par un plus grand nombre de personnes. Dans ce cas, il faudra bien sûr ajouter quelques timbres à ceux qui s’y trouvent déjà. Tous les gouvernements sont sensibles à l’opinion publique et l’accumulation de plusieurs milliers de signatures aurait sans doute un effet très positif sur nos revendications.
Les étudiants et les étudiantes adultes font beaucoup d’efforts et de sacrifices pour réussir leurs études, améliorer leur sort et contribuer à l’évolution de la société. Cela, nous devons le rappeler au gouvernement, tout comme nous devons lui rappeler, qu’en retour, ces adultes veulent être entendus et respectés.