Mouvement québécois des adultes en formation
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Allocution de M. Robert Martin au 6e Colloque des adultes en formation, 29 mars 2008

J’aimerais d’abord vous dire quelques mots des thèmes dont nous discuterons dans chacun des trois ateliers : les nouvelles exigences pour l’obtention du diplôme d’études secondaires qui s’appliqueront à compter de 2010 en éducation des adultes, les lacunes du système d’aide financière aux études pour les étudiants adultes des CFP et des cégeps ainsi que l’étude d’un projet de programme politique pour les étudiants adultes de l’université.


La modification des exigences pour l’obtention du diplôme d’études secondaires, le thème de l’atelier 1, constitue une question très importante. En principe, il est difficile de s’opposer à ce qu’on ajoute des exigences au DES. La société dans laquelle nous vivons est en effet de plus en plus complexe et il est normal de vouloir élargir en conséquence la formation de base.


Nous ne pouvons cependant ignorer que plus de un million d’adultes québécois n’ont aucun diplôme et que beaucoup d’adultes qui retournent aux études secondaires les abandonnent sans obtenir leur diplôme. Aggraver ce problème serait catastrophique. Notre défi consiste donc à concilier deux exigences qui semblent au départ contradictoires.


Dans tous nos précédents colloques, de nombreux participants ont par ailleurs témoigné des difficultés financières auxquelles ils font face dans leur études. C’était particulièrement le cas des personnes qui étaient retournées aux études dans le cadre des programmes d’Emploi Québec et des centres locaux d’emploi.


Tout indique que la situation n’est guère meilleure pour ceux et celles qui recourent au régime des prêts et bourses du ministère de l’Éducation, le thème de l’atelier 2. Les participants nous diront ce qu’il en est, mais on peut certainement présumer que vivre dans la pauvreté est un facteur susceptible de compromettre la réussite des études.


De tous les membres du MQAF, les universitaires sont les seuls à disposer d’associations étudiantes accréditées qui sont regroupées au sein de la FAEUQEP, la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente. Cette Fédération existe depuis le début des années 90 et elle a produit de nombreux mémoires sur divers aspects de l’éducation des adultes à l’université. Elle n’a cependant pas de programme politique proprement dit et l’atelier 3 amorcera les discussions sur cette question.


Voilà pour le proche avenir. Un mot maintenant du passé récent. Le colloque tenu il y a deux ans a convenu que le Mouvement devait faire porter son action sur les trois priorités suivantes :


  1. Reconnaître à tous les adultes du Québec le droit à la formation de base, soit le secondaire V ou l’équivalent. Cette formation doit être gratuite et comporter un soutien financier suffisant pour favoriser la persévérance et la réussite des études.
  2. Amender la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants de façon à permettre la création d’associations accréditées d’étudiants adultes dans les centres d’éducation des adultes, les centres de formation professionnelle et les cégeps.
  3. Financer la création d’une ligne téléphonique 800, où les étudiants et les étudiantes adultes pourront obtenir conseil lorsqu’ils font face à des difficultés qui entravent ou compromettent leurs projets d’études.

Pour appuyer ces trois revendications, nous avons lancé une pétition électronique qui est toujours en cours et à laquelle nous vous invitons à participer en vous rendant sur le site internet du MQAF.


Il semble que l’idée de la reconnaissance du droit à la formation de base fait peu à peu son chemin et nous continuerons à insister pour que ce droit soit inclus dans la nouvelle version de la Politique d’éducation des adultes et de formation continue qui est attendue pour les prochains mois.


L’amendement de la loi sur les associations étudiantes pour permettre la création d’associations accréditées d’adultes dans les CEA, les CFP et les cégeps constitue également un enjeu crucial pour notre mouvement. Seules des associations accréditées nous permettront de disposer des ressources financières et humaines nécessaires pour défendre efficacement nos droits.


Il y a certes bon nombre de personnes et de groupes qui défendent l’éducation des adultes au Québec et qui le font avec compétence. Il demeure cependant anormal que les étudiants et les étudiantes adultes eux-mêmes aient si peu de moyens et d’occasions de faire valoir leurs points de vue. Les adultes font beaucoup d’efforts et de sacrifices pour réussir leurs études, améliorer leur sort et contribuer à l’évolution de la société. Cela, nous devons le rappeler au gouvernement, tout comme nous devons lui rappeler, qu’en retour, ces adultes veulent être entendus et respectés.


C’est évidemment la mission que s’est donnée le MQAF. Même si elle est limitée par l’absence de moyens financiers, notre action n’en est pas moins essentielle et j’espère que vous aurez cela en mémoire tout au long de nos travaux de la fin de semaine.


Sur ce, je vous souhaite un excellent colloque.