Appliquer avec souplesse la réforme du DES et améliorer le régime de l’aide financière aux études
Appliquer avec souplesse les nouvelles exigences pour l’obtention du diplôme d’études secondaires (DES) à l’éducation des adultes, qui s’appliqueront à compter de 2010, et hausser substantiellement les barèmes du Régime de l’accessibilité financière aux études du ministère de l’Éducation, qui est par ailleurs mal adapté à la réalité des étudiants et des étudiantes adultes.
Telles sont les deux principales orientations qu’ont adoptées les quelque 120 participants au 6e Colloque des adultes en formation, qui s’est tenu les 29 et 30 mars à l’Université de Montréal, dans le cadre de la Semaine québécoise des adultes en formation. Comme par les années passées, les participants étaient des étudiants du secondaire général, du secondaire professionnel, du cégep et de l’université, et ils provenaient de toutes les régions du Québec.
La réforme du DES
Depuis juin 2007, les élèves du secondaire régulier doivent faire face à de nouvelles exigences, notamment en mathématiques et en sciences, pour obtenir leur diplôme (DES). Conscient que l’application intégrale de cette réforme à l’éducation des adultes pourrait comporter des conséquences désastreuses sur la persévérance et la réussite des études, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) s’est donné un temps de réflexion et, dans ce cas, a reporté l’application de la réforme à 2010. L’enjeu est de taille quand on sait que plus de un million d’adultes québécois n’ont aucun diplôme et qu’il y a déjà un fort taux d’abandon en formation générale des adultes au secondaire.
Au nombre des facteurs à considérer, il y a certainement le fait que la majorité de ces adultes n’ont nullement l’intention d’entreprendre des études collégiales ou universitaires une fois qu’ils auront obtenu leur DES. Par ailleurs, il y aurait certes la possibilité de créer un diplôme pour les adultes distinct du DES, mais il y aurait alors le risque que cette formation soit peu reconnue dans la société, ce qui mènerait dans un cul-de-sac les détenteurs d’un tel diplôme.
Les participants ont convenu que la meilleure solution devrait s’inspirer de l’Ontario où, tant au secondaire régulier qu’en éducation des adultes, un certain nombre de cours obligatoires peuvent être remplacés par des cours qui donnent droit à des crédits obligatoires. Cette formule comporterait l’avantage de tenir compte des préférences et des capacités des adultes tout en leur assurant une formation équivalente à celle des jeunes. Dans les deux cas, la formation serait sanctionnée par un même diplôme.
Cela dit, quelle que soit la réforme qu’adoptera le MELS, les participants au colloque considèrent que l’augmentation de la persévérance et de la diplomation en éducation des adultes suppose une addition importante de ressources au chapitre de l’encadrement et du soutien à l’apprentissage, particulièrement en orthopédagogie, en psychologie et en santé. Ils considèrent aussi que, dans le cas des matières où il y a un fort pourcentage d’échecs, on devrait offrir aux adultes la possibilité de suivre des cours en groupe, eux qui sont présentement limités au cheminement individualisé.
L’aide financière aux études
Selon les règles actuelles du régime gouvernemental de l’accessibilité financière aux études, une personne seule qui effectue des études à plein temps ne peut recevoir plus de 730 $ par mois en prêts et bourses.
Le verdict des étudiants et des étudiantes adultes à ce sujet est sans appel : des revenus aussi modestes sont complètement irréalistes en regard du coût de la vie dans le Québec d’aujourd’hui. Une aide aussi chiche condamne les personnes à une grande pauvreté, avec toutes les conséquences négatives que cela suppose sur leur santé physique et mentale. À l’évidence, il s’agit aussi d’un sérieux obstacle à la persévérance et à la réussite des études.
En plus de préconiser l’adoption de barèmes qui correspondent à la réalité du coût de la vie et leur indexation annuelle selon l’Indice des prix à la consommation, les participants au colloque considèrent que les règles du régime de l’aide financière sont extrêmement restrictives quant aux revenus de travail que peut gagner une personne pendant l’année où l’aide lui est consentie.
Par ailleurs, le calcul de l’aide devrait exclure la pension alimentaire, les allocations familiales fédérales et provinciales ainsi que la prestation fiscale canadienne pour les enfants.
Dans le cas des personnes qui retournent aux études après avoir occupé un emploi, il est impératif d’éliminer le revenu de l’année antérieure dans le calcul de l’aide financière. En effet, rares sont les personnes qui ont économisé suffisamment d’argent pour payer toutes leurs dépenses pendant un an.
Autre irritant, les bénéficiaires de l’aide financière sont présumés avoir des gains d’emploi pendant la période estivale. Or, dans le cas de la formation professionnelle au secondaire et même, dans certaines cas au cégep, ils ne bénéficient que de courtes vacances, voire d’aucune vacance. Dans leur cas, il faudrait évidemment que la règle tienne compte de la réalité.
Un programme politique pour les adultes de l’université
Dans le MQAF, un seul groupe, celui des étudiants de l’université, bénéficie de l’existence d’associations étudiantes accréditées en vertu de la loi sur les associations étudiantes. Ces associations sont regroupées dans la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP).
Au colloque, les universitaires ont dont tenu leur propre atelier, qui a entrepris l’étude d’un projet de programme politique portant sur de nombreux points, dont les droits de scolarité et les frais afférents, l’aide financière aux études, le financement des universités, la nature des diplômes décernés en éducation des adultes, etc. La FAEUQEP poursuivre sa réflexion à ce sujet dans ses propres instances.
Des conférenciers appréciés
Soulignons enfin que plusieurs invités ont pris la parole à l’ouverture du colloque, dont M. Paul Bélanger, président du Conseil international de l’éducation des adultes ; M. Claude Salvas, président de l’association étudiante des hors campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières et vice-président de la FAEUQEP ; Mme Arpi Hamalian, de la Commission sectorielle de l’éducation de la Commission canadienne pour l’UNESCO ; M. Victor Lapalme, président de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes ; Mme Chantal Dubeau, présidente du Comité organisateur de la Semaine québécoise des adultes en formation ; ainsi que M. Jici Lauzon, acteur, humoriste et animateur ainsi que porte-parole de la Semaine québécoise des adultes en formation.
