Le Mouvement québécois des adultes en formation (MQAF) a officiellement vu le jour en avril 2005. Il regroupe des étudiants et des étudiantes adultes du secondaire général, du secondaire professionnel, du cégep et de l’université. Son programme politique vise essentiellement à lever les nombreux obstacles qui limitent l’accès aux études à l’âge adulte.
La mission du MQAF est de défendre et de promouvoir le droit des étudiants de l’éducation des adultes, de l’éducation permanente et de la formation continue à des services éducatifs publics qui répondent à leurs besoins économiques, sociaux et culturels, et leur permettent d’exercer pleinement leur rôle de citoyens.
Le programme politique du MQAF porte en particulier sur Emploi Québec et les centres locaux d’emploi (CLE), qui sont supposés aider les adultes désireux de reprendre leurs études, mais dont les programmes et les normes constituent souvent des obstacles à la réalisation de cet objectif. Le programme traite aussi du droit à l’éducation et des droits des étudiants adultes, du financement de l’éducation des adultes, de la reconnaissance des acquis et de la nécessité de la participation des étudiants à tout ce qui touche leurs études, notamment les méthodes pédagogiques et l’évaluation de l’enseignement.

Rangée arrièe, de gauche à droite : Joël Charest, Jonathan Cossette, Denis Sylvain, Pierre Paquet, Samuel Émery-Tremblay, Simon Turcotte, Louis Monti, Nathalie Bathier, Yoann Inkel.
Rangée avant, de gauche à droite : Nelson Marin, Geneviève Plouffe, Robert Martin, Yvonne Ellis, Christine Robidoux, Catherine Jasmin.
L’assemblée générale, tenue le 28 mars 2010, a réélu M. Robert Martin (Université, Montréal) à la présidence du Mouvement et M. Louis Monti (Université, Trois-Rivières) comme secrétaire-trésorier. M. Pierre Paquet a été élu comme représentant de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA). Chacun des quatre groupes qui composent le Mouvement a aussi élu ses trois représentants au conseil d’administration :
| Centres d’éducation des adultes (CEA) : | Centres de formation professionnelle (CFP) : |
| Nathalie Bathier, Montréal | Joël Charest, Price |
| Christine Robidoux, Longueuil | Samuel Émery-Tremblay, Québec |
| Catherine Jasmin, Montréal | Nelson Marin, Saint-Agapit |
| Cégeps : | Universités : |
| Jonathan Cossette, Thetford Mines | Geneviève Plouffe, Laval |
| Yoann Inkel, Granby | Denis Sylvain, Montréal |
| Simon Turcotte, Granby | Yvonne Ellis, Saint-Jean |
Le mandat de tous les élus est de un an.
Au Québec, comme l’illustre le tableau ci-dessous, on dénombre environ 350 000 étudiants adultes, soit 135 000 au secondaire général, 88 000 au secondaire professionnel, 47 000 dans les cégeps et environ 75 000 dans les universités. De ce nombre, environ 55 000 sont aux études dans le cadre des programmes d’Emploi Québec et des centres locaux d’emploi.
Étudiants et étudiantes adultes dans les établissements publics d’enseignement (2000-2001)
| Établissement | Nombre total | Temps plein | Temps partiel | Référés par un CLE1 |
| CEA1 | 135 000 | 70 000 | 65 000 | 11 000 |
| CFP | 88 000 | 88 000 | 0 | 30 000 |
| Cégep | 47 000 | 22 000 | 25 000 | 14 000 |
| Université | 75 000 | 14 000 | 61 000 | 300 |
| Total | 345 000 | 194 000 | 151 000 | 55 300 |
Source : Ce tableau a été constitué à partir des données de Cap sur l’apprentissage tout au long de la vie. Rapport du Comité d’experts sur le financement de la formation continue. Février 2004.
1. Ces étudiants et étudiantes sont retournés aux études dans le cadre des programmes d’Emploi Québec et des centres locaux d’emploi (CLE).
L’idée de regrouper les adultes des trois ordres d’enseignement dans un même mouvement peut sembler inusitée. Elle ne l’est pas, car s’il est vrai qu’un adulte fait face à des problèmes particuliers selon qu’il étudie dans un CEA, un CFP, un cégep ou une université, il est tout aussi exact qu’une même réalité caractérise l’ensemble de l’éducation des adultes : la précarité. Précaires en effet sont les programmes et le financement de l’éducation des adultes, précaire aussi l’accès aux études pour les adultes, précaires enfin les enseignants aux adultes, sans parler bien sûr des services d’orientation, d’accueil, d’accompagnement et de reconnaissance des acquis.
Pourtant, tant au Québec et au Canada qu’à l’UNESCO et dans l’ensemble des pays de l’OCDE, l’on convient que « l’éducation tout au long de la vie » constitue le nouveau paradigme des systèmes d’éducation et la clé du développement des sociétés au XXIe siècle. Au Québec, cela s’est traduit en 2002 par l’adoption d’une politique d’éducation et de formation continue des adultes. Même s’il y a vu bien des lacunes, le monde de l’éducation des adultes a accueilli favorablement cette initiative, dont on attend cependant les retombées concrètes.
Lorsqu’un gouvernement annonce qu’il ne dispose pas des fonds pour réaliser un projet, il indique en réalité que ce dernier ne fait pas partie de ses priorités. Or, l’établissement des priorités s’inscrit dans un processus politique complexe impliquant bien sûr les élus mais aussi les groupes de pression de la société civile.
À ce point de vue, le monde de l’éducation des adultes ne fait pas le poids, car, hormis les questions relatives à la formation de la main-d’oeuvre et à l’économie, il est pour ainsi dire absent du discours politique et des médias. Quand on parle d’éducation, c’est quasi invariablement de celle des jeunes dont il est question.
Cela n’est pas inéluctable, estime le MQAF, qui en veut pour preuve l’influence indéniable qu’exerce le mouvement étudiant traditionnel sur le gouvernement. Les étudiants et les étudiantes adultes, eux, ont été privés jusqu’à maintenant de cet outil et c’est à cela qu’entend remédier le MQAF, dont les 350 000 membres potentiels sont aussi des électeurs.
On notera par ailleurs que la création du Mouvement constitue l’aboutissement d’un processus mis en branle au détour de l’an 2000, au moment où le Québec devait décider de donner suite aux engagements qu’il avait pris auprès de l’UNESCO en s’ajoutant à la liste de la quarantaine de pays qui consacrent annuellement une semaine à la promotion de l’éducation des adultes, de l’éducation permanente et de la formation continue.
Avec l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) et des fonctionnaires du ministère de l’Éducation, la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP) a fait partie du tout premier noyau qui a étudié la faisabilité de créer la Semaine québécoise des adultes en formation.
La FAEUQEP a participé à l’organisation de tous les colloques des adultes en formation. Chaque fois, plus de 150 étudiants et étudiantes adultes des trois ordres d’enseignement, provenant de la plupart des régions du Québec, se sont réunis pendant deux jours pour discuter de leur condition socio-économique, de leurs droits, de l’accès aux études et des programmes qui leur sont destinés, de pédagogie, etc. C’est à partir des propositions adoptées en assemblée plénière de ces colloques qu’a été conçu le programme politique.