SECTION 1 : LES PROGRAMMES ET POLITIQUES D’EMPLOI QUÉBEC
1a) La situation financière des étudiants adultes
Il est très difficile de mener des études avec succès quand les problèmes financiers vous tenaillent quotidiennement. C’est certainement le cas de la plupart des adultes qui retournent à plein temps aux études sous l’égide d’Emploi Québec et des centres locaux d’emploi (CLE). L’objectif de ces derniers la réinsertion en emploi dans les plus brefs délais n’est pas toujours compatible avec le temps requis pour acquérir une formation de base, soit le secondaire V ou l’équivalent. Le problème se pose plus particulièrement pour les étudiants et les étudiantes du secondaire général, qui ne sont pas admissibles au programme d’accessibilité financière aux études.
Revendications
Que les étudiants et les étudiantes du secondaire général qui retournent aux études dans le cadre des programmes d’Emploi Québec soient transférés au régime de l’accessibilité financière aux études (prêts et bourses), à la condition que les modalités suivantes soient respectées :
1b) L’uniformisation des règles et barèmes
En plus de la prestation de base, une personne qui retourne aux études peut avoir droit à une contribution pour payer ses dépenses de transport, de gardiennage, de matériel scolaire, etc. Les règles et les barèmes de l’aide sont cependant différents d’un CLE à l’autre et l’information à ce sujet est déficiente, ce qui est inacceptable.
Revendication
1c) L’accès à des revenus plus élevés
Les barèmes des allocations d’Emploi Québec et ceux du Régime de l’aide financière aux études du ministère de l’Éducation sont insuffisants pour combler les besoins de base des étudiants et des étudiantes adultes ainsi que ceux des personnes dont ils ont la charge. Or, les règles de ces deux ministères limitent abusivement les revenus de travail de ces personnes, ce qui a pour effet de les maintenir bien en deçà du seuil de la pauvreté.
Revendication
1d) Le respect des choix des adultes
Plusieurs étudiants adultes, particulièrement ceux du secondaire général et du secondaire professionnel, effectuent un retour aux études dans le cadre des programmes d’Emploi Québec. Tant au premier qu’au deuxième colloque, les critiques ont été sévères à l’égard des agents d’Emploi Québec qui ont pour ainsi dire le dernier mot dans le choix du programme auquel une personne est autorisée à s’inscrire. Un certain nombre d’adultes sont par ailleurs obligés de s’inscrire dans un parcours de formation, faute de quoi leurs prestations d’aide sociale sont réduites.
Revendication
1e) La règle d’Emploi Québec sur les absences
Tout adulte qui retourne aux études dans le cadre des programmes d’Emploi Québec doit signer un document intitulé Entente concernant le soutien du revenu. L’article 2 de ce document se lit comme suit : « Emploi Québec peut suspendre ou cesser de verser l’aide financière en cas d’absence ou d’interruption de votre participation et ce, quel qu’en soit le motif, et peut, en ces cas, mettre fin à la présente entente ». Tel que libellé, cet article ne contient aucune règle ou modalité sur les absences motivées, par exemple celles liées à des problèmes de santé, ce qui est inacceptable.
Revendication
1f) Une ligne 800 d’accompagnement
Dans leur processus de retour aux études, de nombreux adultes font face à des difficultés administratives, financières, réglementaires et autres. Or, ce sont là les principaux obstacles à la réalisation de leurs études. La création d’un service téléphonique d’information et d’accompagnement paraît donc prioritaire.
Revendication
1g) Un mécanisme d’appel
Les agents d’Emploi Québec et des CLE ont pour ainsi dire le droit de vie ou de mort sur les projets d’étude que leur soumettent les personnes relevant de leur juridiction et ils ne se privent pas de l’exercer. Or, il n’existe aucun mécanisme d’appel adéquat pour contrebalancer les abus de pouvoir.
Revendication
SECTION 2 : LE RÉGIME GOUVERNEMENTAL DES PRÊTS ET BOURSES
Revendications
SECTION 3 : LE DROIT À L’ÉDUCATION ET LES DROITS DES ÉTUDIANTS ET DES ÉTUDIANTES ADULTES
3a) Une loi-cadre sur l’éducation des adultes
Malgré l’entrée en vigueur, en mai 2002, de la Politique québécoise d’éducation des adultes dans une perspective de formation continue, il demeure que l’éducation des adultes, contrairement à l’éducation des jeunes, n’est pas un droit. Au début des années 80, la Commission Jean s’était aussi penchée sur cette question et elle avait recommandé l’adoption d’une loi-cadre sur l’éducation des adultes.
Revendications
Que le gouvernement du Québec adopte une loi-cadre sur l’éducation des adultes comportant notamment les éléments suivants :
3b) Congé de formation
Selon un document de l’Institut de la statistique du Québec intitulé La littéracie au Québec en 2003 : faits saillants, 54 % des Québécois et des Québécoises de 16 ans et plus se situent aux niveaux 1 et 2 de littéracie, des seuils proches de l’analphabétisme. Parmi ces personnes, un grand nombre occupent un emploi. Or, depuis 30 ans, l’Organisation internationale du travail invite les pays à instituer le congé-éducation payé. En février 2006, la Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main d’oeuvre a aussi formulé une recommandation en ce sens.
Revendication
3c) La loi sur les associations étudiantes
C’est en se regroupant, en s’organisant, que les personnes sont le mieux en mesure de défendre leurs droits et d’améliorer leur sort. Or, les étudiants et les étudiantes adultes du secondaire général, du secondaire professionnel et du cégep n’ont aucune possibilité de créer leurs propres associations étudiantes; à l’université, les possibilités de le faire sont limitées. Cela est dû aux lacunes de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants.
Revendication
3d) Un ombudsman de l’éducation
Le système scolaire public est lourd et complexe. Malgré la bonne volonté de la grande majorité des gens qui y travaillent, il peut arriver qu’un étudiant ou une étudiante se sente lésé dans ses droits, que ce soit relativement aux études proprement dites ou aux services qu’offre un établissement. Conscientes de cette réalité, plusieurs universités québécoises ont adopté leur propre charte des droits des étudiants. Plus encore, elles ont créé un poste d’ombudsman, qui a pour fonction d’enquêter sur les cas de déni de droit qui lui sont soumis et de proposer des correctifs aux mécanismes qui ont provoqué de telles situations. Déjà, au début des années 80, le rapport de la Commission Jean considérait que ce qui a cours dans certaines universités devrait être étendu à l’ensemble du système scolaire.
Revendication
SECTION 4 : LE FINANCEMENT DE L’ÉDUCATION DES ADULTES
Le Québec accuse toujours un retard important au chapitre de la formation de base puisque, en 2002, 24 % de la population de 25 à 64 ans ne détenait pas de diplôme d’études secondaires. Les données de Statistique Canada indiquent par ailleurs que le Québec se situe au 9e rang parmi les provinces canadiennes pour ce qui est du taux de participation des adultes à des activités structurées d’éducation et de formation. Enfin, quoiqu’elle comporte plusieurs éléments très positifs, la Politique québécoise d’éducation des adultes, qui est en vigueur depuis mai 2002, n’aura pas d’impact positif sur le système public d’éducation des adultes si elle ne s’accompagne pas d’une augmentation significative du budget que l’État y consacre. On pense plus particulièrement à la levée des restrictions budgétaires qui limitent l’accès aux études à temps plein et à temps partiel au secondaire et aux études à temps partiel au cégep, ainsi qu’à l’amélioration des locaux et de l’équipement utilisés en éducation des adultes, qui sont trop souvent vétustes, particulièrement en formation générale au secondaire.
Revendications
SECTION 5 : LA NÉCESSITÉ D’UNE PERSPECTIVE ANDRAGOGIQUE
5a) La participation des adultes
« Préconiser la participation, lisait-on dans le Rapport Jean, c’est accepter que les étudiants adultes sont capables d’assumer eux-mêmes le projet global de leur existence et c’est également comprendre et admettre que les adultes apprennent vraiment quand ils peuvent partager avec le responsable de la formation la responsabilité de définir les besoins de formation, d’en formuler les objectifs, d’en planifier le déroulement et l’évaluation. » Vingt ans plus tard, ce propos est toujours d’actualité.
Revendication
5b) Les règles de vie dans les centres d’éducation des adultes
Ceux et celles qui ont participé aux deux premiers colloques ont été estomaqués des nombreux témoignages des étudiants et des étudiantes en formation générale au secondaire au sujet de la rigidité, pour ne pas dire l’absurdité, des règles de vie dans certains centres d’éducation des adultes des commissions scolaires. Signature forcée de contrats en vertu desquels les personnes s’engagent à un nombre limité d’absences, même pour des raisons de santé, exclusion de la classe pour une seule minute de retard, obligation d’obtenir la permission d’aller à la toilette, la liste des mesures vexatoires et incompatibles avec l’esprit même de l’éducation des adultes étonne et scandalise.
Revendication
5c) La reconnaissance des acquis scolaires et expérientiels
La reconnaissance des acquis scolaires et expérientiels constitue un enjeu majeur en éducation des adultes. Cette question fait également partie des priorités de la Politique québécoise d’éducation des adultes en vigueur depuis 2002. Même si on en parle beaucoup, le dossier de la reconnaissance des acquis évolue à pas de tortue, principalement en raison de l’insuffisance du financement.
Revendications
SECTION 6 : DES MESURES PARTICULIÈRES POUR DES SITUATIONS PARTICULIÈRES
6a) L’enseignement à distance et l’autodidactie
Parce qu’ils sont éloignés des établissements, que leur disponibilité est restreinte ou tout simplement par choix, maints adultes optent pour l’enseignement à distance ou même l’autodidactie. Pour des raisons qu’il devra expliquer publiquement, Emploi Québec refuse d’accorder une aide financière aux adultes qui souhaitent se prévaloir de ces possibilités pour effectuer leurs études secondaires, ce qui compromet leur accès aux études.
Revendication
6b) Des classes pour les monoparentaux
Les mères et les pères monoparentaux font face à des problèmes particuliers au regard de l’accès aux études secondaires et collégiales. Pour tenir compte de cette situation, certains projets pilotes ont regroupé ces personnes afin de leur offrir des horaires et des services particuliers. Les personnes qui ont bénéficié de ce service ne tarissent pas d’éloges sur sa pertinence.
Revendication
SECTION 7 : DE L’INFORMATION MANQUANTE
7a) Un répertoire national des ressources en éducation
Il existe de nombreuses ressources en éducation des adultes qui ne sont pas utilisées parce qu’elles sont méconnues, dispersées et difficiles à repérer. Ce problème limite à l’accès aux études.
Revendication
7b) D’autres adultes dans une situation économique précaire
Parmi les adultes qui effectuent un retour aux études, hormis ceux qui y accèdent par les programmes d’Emploi Québec et les CLE, nombreux sont ceux qui vivent dans une situation économique précaire. L’importance de ce phénomène est cependant difficile à évaluer, car il n’existe pas de données à ce sujet.
Revendication
PROGRAMME POLITIQUE DE L’ÉDUCATION DES ADULTES À L’UNIVERSITÉ
La Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente est membre du MQAF, où elle constitue le Conseil national des universités. De ce fait, la FAEUQEP adhère au programme politique du MQAF, mais elle a aussi son propre programme politique, qui porte sur des questions touchant plus particulièrement le réseau universitaire. Vous trouverez ce programme sur le site www.faeuqep.qc.ca (cliquer sur "qui sommes-nous", puis "programme politique").